HaïkoOz


Curious front-end builder, wannabe photographer, despicable anarchist & cynical bastard.


On nous ment, on nous spolie.

Hier, Boris réagissait sur un article du Monde.fr à propos de la douce mais pernicieuse infection du "nous" par le "on", sur les impacts sémantiques, de la disparition de la responsabilité.

Qu'on le veuille ou non, "nous" sera remplacé par "on". La langue française est vivante et évolue et se simplifie par le biais de son utilisation au jour le jour par ceux qui la parlent. Et n'allez pas me faire croire que le français est une langue simple. Elle est excessivement compliquée. La conjugaison est un monstre horrible, les règles grammaticales perverses et l'orthographe un punk à chien qui ne respecte que ce qu'il veut bien respecter.
Notez que je ne parle même pas de la propension qu'à un français à faire des métaphores et autres images analogiques à tire-lartigot.

La simplification est une bonne chose, et je dois dire que je suis souvent pour, pourtant je suis un amoureux de la langue mais j'ai bien conscience que l'amour rend aveugle.

Alors oui, "on" est un pronom indéfini et qu'il a encore cette fonction.
Exemple: "On a volé mon vélo cette nuit"
Clairement, "on" rapporte à l'indéfini, et non pas à "nous".

Mais "on" a naturellement pris le pas sur "nous" et ça ne pose aucun soucis.
Exemple: "On a raté notre avion à cause des bouchons sur l'autoroute"
Clairement, "on" est défini, c'est nous.

Si dans la tête des gens "on" remplace "nous" dans certains contextes, alors je ne vois aucun problème sur la question de la responsabilité.
"on" ≠ indéfini systématiquement.
Si "on" = collectif = "nous", alors pas de problème.

Dans l'exemple donné par Nicolas, le problème n'est pas tant l'utilisation du "on" que l'utilisation du collectif pour ne pas directement dire "tu".

Pourquoi la perte du "nous" n'est pas foncièrement une mauvaise chose ? Parce que c'était compliqué, voilà tout. Les gens veulent pouvoir parler sans réfléchir à la putain de conjugaison, des exceptions à foison et autres. "on" c'est la troisième personne du singulier, c'est simple, ça marche, c'est tout.

Et vous pourriez me dire que ça rajoute une complexité à cause du double sens de "on" mais je vous dirais que la complexité ajoutée est bien moindre comparée à la simplification qu'elle a engendré.

Mais si vous voulez on peut aussi parler de "vous"… Je veux dire, ça fait des décennies que "vous" est à la fois la deuxième personne du pluriel, ainsi que la deuxième personne du singulier de politesse mais aussi la deuxième personne du pluriel de politesse et ça n'a pas eu l'air de poser de problème à quiconque.

En bref, je suis plutôt pour la lente mais certaine disparition du "nous". Si vous n'êtes pas d'accord, faites-le moi savoir sur Twitter :)

Photo par ~ Erebos