Vers une lente mais inéxorable insignifiance
Y a t'il quelque chose de plus humain que de chercher un sens à son existence ?
Peut être de perdre le goût à la vie à mesure que l'on perd le sens qu'on y avait trouvé.
Warning
Au cas où certaines personnes s'en inquièteraient, je n'ai pas d'idées suicidaires, loin de là.
Mais cela n'empêche pas une certaine douleur d'être présente.
Quand j'ai commencé mon métier ça a été une sorte d'épiphanie pour moi, c'est comme si j'avais débloqué quelque chose qui ne se fermerait plus jamais, une perpétuelle curiosité à jamais assouvie.
Pendant 20 ans j'ai été émerveillé et motivé par ce que je faisais alors même que nombreuses étaient les gens qui dénigraient les technologies que j'utilisais au quotidien. Mais tant mieux, ça faisait plus de chocolat pour bibi !
J'étais tellement passionné que lorsque que j'ai croisé des vieux développeurs qui manifestement ne faisaient pas de veille, ne s'intéressaient à rien, faisaient leurs heures et au revoir, j'ai trouvé cela triste.
Je ne jugeais pas vraiment, je trouvais juste ça triste de ne pas avoir de plaisir à ce que l'on faisait et je me suis demandé s'ils étaient vraiment à leur place.
Et puis le temps a passé…
Aujourd'hui les choses ont bien changé. Je suis toujours émerveillé par les technologies que j'utilise au quotidien mais… le métier, lui, a changé.
L'éléphant IA est arrivé et a piétiné sans vergogne.
Même si l'on met de côté les problématiques éthiques et écologiques de l'IA, je n'ai jamais été trop intéressé pour la simple et bonne raison que je prends plaisir à prendre le temps de construire manuellement ce que l'IA promet de faire pour toi beaucoup plus rapidement. Comme si ce que je faisais était un fardeau. Ça n'en est pas un, c'est la raison même de ma motivation.
C'est pourquoi j'ai toujours fait le choix de ne pas l'utiliser (avec ça s'ajoute de nombreuses autres petites raisons mais qui ne sont pas déterminantes ici).
Et puis un jour on vient te l'imposer.
Doucement mais sûrement la curiosité devient âcre, l'émerveillement laisse place au dépit et la motivation devient néant.
Et je me vois doucement mais sûrement devenir ce vieux développeur qui ne fait plus de veille, qui ne s'intéresse plus à rien, qui fait juste ses heures et au revoir…

